QU'EST-CE QUE L'ÉCOFÉMINISME ?

L’écoféminisme est un mouvement qui a pour vocation de faire converger les luttes écologiques avec celles pour une égalité entre les identités de genres. 

Dans la communauté, un dicton revient souvent pour exprimer la nécessité de l'interconnexion des luttes : “Qui voudrait la part égale d’un gâteau cancérigène ?”. 

Effectivement, à quoi bon se battre pour une égalité si plus personne ne peut vivre sur une planète déréglée par les pollutions et les changements climatiques ? Et vis versa : quel avenir aurions-nous si nous réussissions à protéger ce qu’il reste de la planète, tout en mettant une fois de plus de côté la moitié de la population mondiale ? 


L’objectif de l’écoféminisme est donc bien de réunir les forces de tout le monde pour reconstruire les bases d’une société plus juste sur une planète plus saine. 

Ensuite, l’idée est de travailler à éradiquer ce que l’on appelle le “système d’oppression patriarcale”. En pratique, celui-ci agit de la même façon sur les femmes (violences liées au genre, inégalités, objectification des corps, etc) et sur la planète (extraction illimitée des ressources, exploitation de la Nature, pollutions, etc). Bien sûr, il ne s’agit pas d’un système d’oppression qui incrimine tous les hommes en général, mais plutôt d’un mécanisme qui peut être hélas répété plus ou moins consciemment, quelle que soit notre identité de genre. 


Né d’un engrangement historique de nombreuses erreurs politiques, sociales et écologiques, ce “système d'oppression patriarcale” agit comme un rouage qui par réaction en chaîne alimente tout un tas d’autres problèmes accentuant les inégalités et les violences liées au capitalisme, au racisme, à l’homophobie, au colonialisme, au spécisme, au validisme, etc. 

Éliminer ce système d’oppression implique donc de revoir complètement le fonctionnement de nos sociétés. C’est un travail vertigineux auquel se confronte le mouvement écoféministe, mais nous sommes de plus en plus à vouloir créer de nouveaux imaginaires en action sur le terrain.

L’originalité de ce mouvement est de l’avoir ancré dans des pratiques créatives et expérimentales, sans hiérarchie, avec toujours pour objectif la transformation du monde. 


« Plus exactement, nous pouvons distinguer deux branches majeures dans l’écoféminisme.

La première, matérialiste, traite des problématiques de société et s'ancre sur les territoires : c’est la question des droits des femmes face au changement climatique par exemple. Effectivement, il est prouvé que les femmes sont les premières victimes de toutes les crises qui peuvent exister, qu’elles soient environnementales, sociales, économiques ou sanitaires. Ce sont les plus vulnérables car les plus précaires. Par exemple, en Afrique subsaharienne, à cause du réchauffement climatique, les femmes doivent marcher de plus en plus loin et longtemps pour chercher l’eau et le bois de chauffe. Dans le monde, seuls 39% des pays affichent des proportions égales de filles et de garçons inscrits dans l’enseignement secondaire selon l'UNESCO.

La seconde branche est dite spirituelle. Elle vise à mettre en place un alignement du corps, du coeur et de l’esprit permettant de se soigner d’abord soi-même, puis de mettre ensuite en place des mécanismes de reconnexion au vivant dans la globalité.» - Solene Ducretot, fondatrice des Volonterres – Interview pour Mr. Mondialisation.