QU’EST-CE QUE L’ÉCOFÉMINISME ?

L’écoféminisme est un mouvement d’actions et de réflexions qui permet d’imbriquer les luttes pour la protection des droits des femmes et de l’écologie. En tissant un lien étroit entre l’exploitation de la planète et celle des femmes, l’écoféminisme est vecteur de solutions fortes pour l’avenir.

L’originalité de ce mouvement est de l’avoir ancré dans des pratiques créatives et expérimentales, sans hiérarchie, avec toujours pour objectif la transformation du monde. 


« La définition conceptuelle vise à déconstruire tous les schémas d’oppressions patriarcales que l’on observe dans notre société, que ce soit sur les femmes ou sur la planète et sur tous les autre noeud de notre société comme la capitalisme, le racisme, l’homophobie, les inégalités en tous genres, etc. 

Plus exactement, on a deux branches principales dans l’éco-féminisme. La première, matérialiste, traite des problématiques  de terrain : c’est la question des droits des femmes face au changement climatique par exemple. Il est prouvé que les femmes sont les premières victimes de toutes les crises qui peuvent exister, qu’elles soient environnementales, sociales ou économiques. Ce sont les plus vulnérables. Par exemple, en Afrique subsaharienne, à cause du réchauffement climatique, les femmes doivent marcher de plus en plus loin et longtemps pour chercher l’eau et le bois de chauffe. La seconde branche est dite spirituelle. Elle vise à mettre en place une reconnexion du corps, du coeur et de l’esprit permettant de se soigner d’abord soi-même, puis aussi les autres et la planète. » Solene Ducretot, co-fondatrice des Engraineuses – Interview pour Mr. Mondialisation.

 

QUELLE EST LA PLACE DES HOMMES DANS L’ÉCOFÉMINISME ?

La question de la place des hommes dans l’écoféminisme revient souvent dans les débats. Est-il possible pour eux de prendre part au mouvement ? Si oui, dans quelles mesures ? Bref, comment peuvent-ils aider à la cause ?

S’il y a bien une chose sur laquelle il faut se mettre d’accord, c’est que l’écoféminisme ne cherche pas à incriminer « les hommes » dans leur individualité. Il s’agit plutôt de déconstruire un système dans sa globalité. L’histoire nous montre en effet que ce sont principalement les hommes qui ont mis en pratique les systèmes de dominations que l’écoféminisme cherche à déconstruire, mais d’autres exemples nous prouvent aussi que les femmes peuvent parfois reproduire ces même schémas.

Dans tous les cas, l’écoféminisme n’a pas vocation à faire en sorte à ce que les femmes prennent le pouvoir pour ensuite renverser ces systèmes d’oppressions et les mettre à leur tour en place pour dominer les hommes. Puisque l’idée est bien d’éradiquer les systèmes de dominations, l’objectif est à terme de ne plus avoir de genre, de classe ou de race dominante.

Chez Les Volonterres, nous sommes donc persuadé·e·s que les hommes peuvent être de très bons alliés et qu’il est nécessaire pour la cause qu’ils puissent aussi prendre part à la convergence des luttes. En revanche, il semble primordial à ceux qui souhaitent se joindre au mouvement d’entamer un processus de déconstruction de la masculinité, afin d’être certain de ne pas répéter les mécanismes du système patriarcal que nous connaissons aujourd’hui.

Pour cela, de nombreux ouvrages existent, permettant une prise de conscience et un travail sur soi. Le podcast « Les Couilles sur la table » permet par exemple d’aborder de nombreux sujets dans ses épisodes. De plus en plus de cercles d’hommes, comme celui initié par Clovis Bonnemason, sont aussi en train de se créer afin de permettre une reconnaissance et une acceptation de ses responsabilités, de sa vulnérabilité, et de ses sentiments.

L’objectif de cette démarche n’est donc pas de créer une scission entre les identités de genres mais plutôt de se laisser l’espace nécessaire à une introspection permettant ensuite de faire société ensemble.

 

À LIRE...

Pou raller plus loin dans vos réflexions, voilà une petite sélection d'articles qui vous permettront de creuser certaines thématiques spécifiques de l'écoféminsme. Bonne lecture !

  1. Écoféminisme : On se bat pour un monde où les femmes ne seraient plus victimes, mais actrices du changement, article de Stéphanie O'Brien paru sur Madame Figaro

  2. Un nouveau printemps pour l’écoféminisme ? de Jeanne Burgart Goutal paru sur Cairn.info

  3. La nature a-t-elle un genre ? Variétés d’écoféminisme, article de Catherine Larrère paru dans les Cahiers du Genre 2015/2 (n° 59).

  4. Penser l’écoféminisme, Féminisme de la subsistance et écoféminisme vernaculaire, article de Geneviève Pruvost paru dans Travail, genre et sociétés 2019/2 (n° 42).

  5. Les plaisirs de la chair : le véganisme éclairé comme renouveau radical du féminisme moderne, de Myriam Bahaffou paru sur Academia.